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  • Diane Seyrig

Murmuration...

Chers amis lecteurs, Courtes nuits et du mal à faire taire le bruit, pour laisser remonter à la surface ce que j’ai envie de partager dans ma lettre du vendredi, dont la fréquence semble s’étirer comme un élastique fatigué. Dans ma dernière chronique, j’ai évoqué cette notion de matrice universelle qui m’habite beaucoup en ce moment, en ce qu’elle vient apaiser un tourment qui s’est fait trop longtemps le locataire de mon coeur et de mon corps. Prendre soudain conscience que nous pouvons nous construire, nous reconstruire, effectuer cette résilience si nécessaire à toute véritable transformation, la profonde, celle qui nous permet de déployer enfin les ailes de cet être qui ne cesse depuis tant d’années de toquer à la porte de notre âme pour nous dire : “Hey ! Toi en bas, réveille-toi, regarde moi, ne vois-tu pas ce pour quoi tu es là ? Attends, écoute, je vais te raconter une belle histoire, celle du talent précieux que tu as à offrir au monde et qu’il est impatient de recevoir.” Alors aujourd’hui, en vérité, ce sont des mots que j’ai envie de vous partager. Des mots et des expressions connus, inconnus ou inventés, rencontrés ces jours derniers, à travers des lectures ou par la bouche de messagers de lumière… DÉRÉLICTION la blessure d’abandon ou l’éloge de la douceur. “Pénombre On n'a jamais autant dissimulé mais sous couvert d'une contrainte de totale transparence qui est la forme politique de l'« obscénité ». Or la douceur ne peut advenir sous ce régime d'exhibition. La pénombre est sa terre natale. Il y a une douceur du trouble, de l'ambiguïté, de ce qui naît, qui éclot, qui demande cet espace de suspens et de commencement. La lumière crue de l'aveu ne lui est pas propice. Le sentiment généralisé du complot ou de la pervertibilité des êtres va de pair avec une sensation que tout espace secret est au fond porteur de déviance et susceptible d'être confessé à l'heure dite. Dans un moment de paranoïa, tout ce qui n'est pas obscène dans sa façon de se dévoiler sera suspecté, ainsi de la douceur. Le manque de douceur est viral. Il s'infiltre comme un poison. Si vous enlevez à un mélancolique ses larmes, c'est à dire sa raison d'être, il sera tenté de se faire disparaître quand vous le croirez guéri. Rejoindre les limbes dans son être n'a jamais pu entièrement sortir, comme ces damnés des enfers de Dante. Renoncer à la nostalgie demande un courage qui parfois fait défaut. La douceur aura manqué trop tôt. Le sevrage est impossible quand il n'y a pas eu de don suffisant. Les enfants abandonnés connaissent cela. Eux qui si tôt se sont faits parents de leurs parents, ils ont encaissé le sacrifice à leur place, sans témoins pour assister au règlement de compte. Ceux-là se sont tus, on rentré leurs épaules, ont réussi brillamment (puisqu'on les a oubliés) ou bien ont raté (puisqu'on les a oubliés). Leur déréliction n'est pas visible, eux seuls le savent. Quand le jeu de l'existence s’abat - et qu'il n'y a plus aucune protection, le manque de la douceur rend l'angoisse intenable. Les rouages peuvent s'ajuster, la carrière être belle, le manque prend à la gorge chaque jour un peu plus ceux qui se déparent d’eux-mêmes jusqu’à en oublier même que cela aura manqué. La douceur advient au moment où le sentiment de la fatalité cède devant une observation, si ténue soit-elle, de ce qui s'offre à la vue, au toucher, à l’ouïe, au goût. Elle peut défaire la terreur intime.”

  • Extrait de Puissance de la douceur, d'Anne Dufourmantelle. Merci Sandrine pour cette belle découverte qui vient enrichir et donner du grain à l'expression suivante....

MATRICE UNIVERSELLE Tissu maternel immatériel constitué de l’amour inconditionnel porté par toutes les femmes du monde aux autres*, et pouvant se substituer au manque ou à la défaillance, à la vacance de cette essence de vie originelle et naturelle, indispensable à l’ancrage du sentiment de sécurité et à l’éviction ou à la réconciliation de la blessure d’abandon. *par “autres” j’entends bien évidemment des femmes et des hommes. Et je voudrais dire ici aussi que ce type de processus réparateur peut tout à fait se produire dans d’autres domaines et par l’intermédiaire d’hommes vis à vis de femmes et d’autres hommes. Et là, je pense à ce TEDx de Nathalie Loiseau (que je vous ai déjà partagé et que nous avons évoqué au dernier atelier) qui parle de la façon dont l’ambition féminine se construit, à travers le regard et les mots des pères : j’aime à croire qu’il s’agit là de paradigmes archétypaux** qui sont tout à fait transposables. En somme, que la rencontre, en cours de vie, d’un homme ou d’autres hommes qui seront à même de porter ce regard qui a alors fait défaut, contribuera à restaurer l’estime de soi et la confiance, à déjouer le sentiment d’imposture, pour ainsi constituer un "marqueur résilient”. J’en ai moi-même fait l’expérience ces deux dernières années, et le “senseï” qui a croisé ma route se reconnaîtra. **ARCHETYPE Voici ce que Robert en dit : DIDACTIQUE Type primitif ou idéal ; original qui sert de modèle. Synonymes : modèle, prototype PSYCH. (CHEZ JUNG) Symbole primitif, universel, appartenant à l'inconscient collectif. MURMURATION “A flock of starlings” En français : “spectaculaire phénomène naturel qui désigne le vol de plusieurs milliers d’étourneaux (en général) tournoyant dans le ciel”. (constatez ici comme on se simplifie le langage ;) Voici le deuxième mot que j’ai appris cette semaine et qui me ravit tant il provoque en moi de connexions arborescentes, éveille des images de jardins migrateurs et de nuages virevoltants… J’aime ces mots que l’on emploie peu ou pas, j’aime la poésie de la rareté et les allégories que l’on peut y voir. Et ce mot, je l’ai entendu mercredi dernier, lors d’un très bel atelier proposé par https://www.leblogdelaturbine.org/. La Turbine est une association nantaise pleine de ressources qui, à travers tout un tas d’engagements et de propositions, réinvente le collectif, la façon d'être ensemble et de penser le futur, coeur coeur avec la Nature, de nous relier les uns aux autres, d'être à être, de talent à talent, de singularité à singularité, et ainsi tous et chacun contribuer à faire avancer le monde vers plus d'Amour, de Joie et de Beauté.... j'ai adoré ! Leur approche est pluridisciplinaire (tant artistique que scientifique) et bien sûr inclusive à tous points de vue. Et mercredi, nous étions 25 à oeuvrer, en toute humilité, au réenchantement du monde de demain, avec nos mots et ceux d’auteurs inspirés. D’aucuns diront que ces initiatives ne “produisent” rien de tangible, qu’elles ne font que brasser des concepts “bien jolis” mais manquant de réalisme et d’actions de transformation concrètes, je ne suis pas d’accord ! Je crois bien au contraire que tout véritable changement passe préalablement par l’éveil des consciences, pour assurer sa pérennité, sa cohérence et sa consistance. Et celui du monde, de notre société, de nos organisations et de nos relations, qui en ont besoin de toute urgence, passe aussi par là. Contribuer à faire vibrer nos sens pour réapprendre à danser et “murmurer” ensemble en valorisant ce qui nous différencie par nature pour le mettre au service du Bien Commun et du Vivant, me semble être une mission d’utilité planétaire de la plus haute importance, pas vous ? Oui, le monde a besoin d’utopies, d’enlumineurs et d'éclaireurs éclairés, de danse, de rituels et de rêves de beauté, pour pouvoir se régénérer et (re)devenir cette Terre d’Accueil et d'Abondance que nous avons spoliée à force d’oublier de quel bois nous étions faits. Sur ces entrefaites, et cette modeste matière à penser, je vous salue et vous souhaite une joyeuse fin de semaine, comme un pied de nez à notre manque imposé de liberté, que nous ne laisserons pas nos coeurs gouverner... À bons entendeurs, Diane

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"l'Émotion, le Sens et l’Intuition au service de la Communication"

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