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  • Diane Seyrig

L'Observatoire des Merditudes

ll y a quelques jours, j'ai participé à un atelier d'écriture littéraire. Par curiosité. Parce que j'ai depuis un moment, comme beaucoup de gens, un projet de livre qui traîne au fond d'un tiroir de ma mémoire. Mais aussi, et peut-être surtout, parce que j'ai décidé de lancer mes propres ateliers, mes ateliers du confinement déconfiné.


Un premier, en tous cas. Un pas après l'autre. Un pied devant l'autre.



En me pliant aux exercices de l'organisatrice, je me suis retrouvée confrontée, et ce n'est pas la première fois, au concept de "routine créative", et à la relativité de son efficacité pour moi.


Il semblerait pourtant que cette "technique" fasse l'unanimité chez les éditeurs et les auteurs dits de talent. Julia Cameron, la grande prêtresse de la libération créative par l'écriture (entre autre) ne jure que par cette approche.

Mais pour moi, ça cloche.

L'idée même de me soumettre à quelque forme de régularité, me cause immédiatement un froissement du diaphragme. Un agacement ventriculaire.

Rien à faire !

J'ai repris récemment la lecture de son livre et, bien qu'il contienne tout un tas de choses intéressantes, je me suis surprise, au fur et à mesure de ma lecture, à prendre de plus en plus de notes sur ce qu'il serait bon que je fasse, ce qu'il ne faudrait pas que j'oublie, ce que je devrais faire plutôt comme ça, ou comme ci.

Mon inconfort grandissait à mesure que je lisais. Je me quittais.

Parce que le fait est que,

plus je cherche à l'extérieur, plus je me perds à l'intérieur.


Mais alors, puis-je devenir auteur, écrivain ou artiste tout court, sans en passer par là ? Sans m'astreindre. Sans me contraindre à ce qui est prescrit par le plus grand nombre et qui semble avoir fait ses preuves ?

Je ne sais pas... Ce dont je suis certaine en revanche c'est que par le passé, à chaque fois que je m'y suis efforcée, cela n'a pas fonctionné.


Amarres larguées.

Créativité diluée.

Mots envolés.


Mais cela m'a donné matière à réfléchir. Je me suis interrogée sur le type d'outils que je pourrais mettre en place, dans mes ateliers et le programme de développement personnel par l'écriture que j'aimerais développer. Alors, à la lumière d'une discussion que j'ai eue en amont avec un ami qui ne s'embarrasse d'aucune convenance autres que celles que lui dictent sa conscience, j'ai pensé à un détournement. Quelque chose qui aurait la même intention, la même vocation,

la LIBÉRATION,

sans pour autant aller à l'encontre de ma nature profonde, de mon mouvement inné.

Parce qu'il faut de tout pour faire un monde, et qu'il n'existe pas de vérité, ni d'autres limites que celles que nous nous mettons, n'est-ce pas ?


Et si tout n'était pas (seulement) affaire de rigueur, de routine et de PERFORMANCE ? -notion qui soulève tout un tas de pensées que j'aurai d'autres occasions de partager-

Mais de capacité à se connecter au vivant, celui qui est en nous et tout autour de nous, à notre sève, nos sensations, nos propres battements de coeur, notre intériorité...


Je vous souhaite une semaine sans attentes particulières, et vous dis à bientôt.


🐚

Diane


L'OBSERVATOIRE DES MERDITUDES

Ou l’écriture comme outil de #developpementpersonnel et de #deconfinement créatif.


Qu’est-ce que je remarque dans les occurrences récurrentes de mon mouvement ? Que puis-je en dire ? Par quels tours de passe-passe mon bon sens relâche-t-il systématiquement sa vigilance pour laisser les monstres de mon mental sortir de leur tanière à chaque fois que je vis un élan créatif, une éclosion sensorielle, une poussée d’Êtreté ?


Pas plus tard que la semaine dernière, ne sachant que faire de moi-même, comme cela m’arrive régulièrement, et aux prises avec ce sentiment de victimisation qui revient par vagues me plonger dans l’autodestruction et la paralysie créative, la louve en moi a hurlé. De trop de douleur causée par mes propres mots destructeurs, mon auto-critique si toxique, les gardiens assassins de mon ego débordant d’être abimé, prêts à tout pour préserver la petite fille de mon histoire et son confort si précaire, les incisions au cœur, les morsures venimeuses de mes vipères mentales.

Alors, comme à chaque fois que je me noie, j’ai appelé au-secours une âme-ressource. Échange avec l’Extérieur, avec un Autre bienveillant. Partage. Reconnexion au vivant à travers le regard et l’énergie d’une personne amie. Entrer en #RELATION. Connexion électrique, comme on brancherait son corps nu et mouillé à une prise de courant. Décharge qui recharge. Monstres foudroyés pour….quelques temps. Un répit cérébral qui va me donner la respiration et l’espace nécessaires pour repartir et continuer de produire ce que mon Créateur intérieur me commande. Parce qu’il me COMMANDE, oui ! Il m’ordonne créer, de faire, d’écrire comme si c’était une nécessité absolue, aussi vitale que le souffle.


Me voici regonflée à bloc, forte de cette synergie humaine, de cette émulsion de fluides invisibles, je repars en création comme on part en croisade. ÉMULATION. Et les mots reviennent, les idées fusent, l’envie revit. Et c’est magique, cosmique, quantique et cathartique. Un peu comme si c’était l’Univers qui s’exprimait à travers moi et me dictait ma mission, me guidait vers ma contribution. INCARNATION. Je m’engage dans l’action, prolixe, claire, facile, limpide même. Et l’ombre devient lumière. Et je ressens une forme de puissance qui vient du ventre, notre deuxième cerveau, celui de l’Intuition et de nos sensations. JOUISSANCE. Je me sens invincible et j’entends la Femme Sauvage, je la sens qui coule dans ma lymphe comme un élixir doré, une potion de Vie pour me redonner vie.

Et le résultat est là, proche de la perfection. Cinq pages de ce que je veux offrir au monde. Je me sens forte oui, et confiante, pleine comme la Sorcière après l’amour. Cette sorcière que j’aspire tant à être, à faire renaître en moi. Celle qui se cache au creux de mes entrailles, en phase avec les cycles de la lune et de tout le cosmos. Profondément reliée au Dieu de la Créativité. Dans mon essence.


Un jour. Deux jours. Trois jours peut-être se passent et c’est à nouveau l’impasse. Mais qu’est-ce qui se passe ??!! Pourquoi mon censeur, ce vieux pervers, me renvoie-t-il toujours au tapis de sa droite si parfaite ?! À bout portant. À la fois si violent et si insidieux qu’il me faut toujours un temps pour m’apercevoir que je suis à terre, les quatre fers en l’air, me débattant dans la boue visqueuse de mes dénigrements comme une mouche dans la colle. Retour à la case départ. La cour des miracles de mon bestiaire de l’Enfer. Mon Enfer. Parce que oui, mes amis, le seul qui existe vraiment c’est bien le nôtre ! Celui qui s’est formé sous les coups des remarques au vitriol accumulées au fil de l’eau par autant de messagers, certains « bien » intentionnés, d’autres moins. Violence immatérielle, invisible, intangible. Un Enfer peuplé de monstres qui s’appellent Doute, Humiliation, Imposture, Rejet, Pasàlahauteur, Pfffff..., Mêmepascap, Nanmaisqu’estcequet’ascru, Sansintérêt, tesvraimentqu’unemerde et tous leurs acolytes… Prêts à bondir à la moindre tentative d’évasion. Tiens, prends ça ! Non mais tu croyais quoi ?! Que t’allais devenir quelqu’un ? Le monde n’a pas besoin de toi, il ne t’a pas attendu pour tourner, c’est pas maintenant que ça va commencer...

Alors ton estime de toi retourne à l’état embryonnaire. Position fœtale. Et c’est la traversée du désert des turpitudes, la longue et pathétique plainte d’Orphée, le syndrome du complexe de Pénélope, le chant larmoyant de l’éternel recommencement… TERRASSEMENT.


Je déclare donc ouvert l’OBSERVATOIRE DES MERDITUDES !

La base exploratoire de notre Boîte Noire. Afin de libérer notre #creativite de sa soumission au cycle impitoyable des manifestations du désamour de Soi. Délivrer notre Féminin Sacré de ses années de servitude. Plonger dedans. Regarder ce qui se passe quand je descends, quand je m’enfonce dans la cave putride et sombre de mes retranchements. Et humainement, affectueusement et simplement, écrire ce que je ressens, crument et sans jugement, à chaque fois que mes monstres sortent du placard, pour mettre à l’extérieur ce qui sinon pourrit par manque d’épuration. #respirer profondément et observer les émotions qui me traversent lorsque je glisse au creux de la vague, encore. Prendre mon enfant par la main et, avec la tendresse d’une maman, celle qui aime absolument, m’y lover, le temps qu’il faut pour me mettre en mots, et après remonter…#ecrire pour #guerir. Et chérir cette #vulnerabilite qui m’habite et me définit comme un être sensible à la texture subtile.


L’écriture est un outil. Un outil de #reconnexion. Il en existe plein, qui ne sont d’ailleurs pas incompatibles. J’ai eu envie de développer celui-ci parce qu’il m’a permis d’accéder progressivement à cette part enfouie de moi, cette part vivante que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer, parce qu’il en va de notre vie, voire de notre survie. Nous ne pouvons plus passer à côté de qui nous sommes profondément si nous voulons être heureux dans ce monde et y contribuer avec SENS et sensibilité. Clarifier, réparer et renforcer notre structure individuelle au nom de l’#intelligencecollective, cela passe nécessairement par un travail de « fouilles personnelles » auquel l’écriture peut grandement contribuer. Un travail assidu de reconnaissance et connaissance de soi dans le but d’améliorer notre #RELATION. Celle que nous avons avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde.


Il arrive souvent que les événements de notre vie nous fassent perdre doucement le fil de nous-mêmes, notre vibration unique, notre musique, censée nous servir de boussole dans les choix que nous faisons, les décisions que nous prenons, les liens que nous tissons. J’ai moi-même perdu ce fil. Jusqu’au jour où l’on commence à éprouver les signaux du corps. Et lorsqu’arrive ce jour où le corps tente de nous dire des choses trop longtemps occultées, voir que la vie nous « arrête » pour nous obliger à regarder autrement, nous pouvons choisir de l’écouter et, petit à petit, avec tendresse et curiosité, décrypter ces messages un par un, et partir ainsi à la rencontre du Soi oublié.


De l’art de tenir un carnet des merditudes pour développer son humanitude.


Et je viens aujourd’hui vous proposer ceci, en ces temps confinés : écrivez ! Trouvez le carnet qui vous plait et faites-en votre purgatoire, votre cour des miracles et votre observatoire, votre laboratoire.

Trouvez vos monstres et nommez-les ! Et voyez comment ils se manifestent. Par quel processus votre histoire se répète, pour mieux la transcender et puis la transformer.


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