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Comme par magie...



Chers amis lecteurs,

Nous voici de retour sur le chemin du labeur, à la bonne heure ! Une de mes amies m’a confié récemment qu’elle relisait systématiquement l’un de mes articles à chaque rentrée de septembre, comme un rituel de recommencement, et qu’elle n’était pas la seule à le faire. Alors aujourd’hui j’ai eu envie de le relire moi aussi (chose que je ne fais quasiment jamais avec ce que j’écris). Il parle de nos différentes façons de rentrer, et dit ceci :


”DE L'INTENTION DÉPEND LE GESTE Nous voici "rentrés", depuis quelques semaines déjà. Rentrés ? Mais où ça ? Ça veut dire quoi ? Rentrés de vacances, de l'insouciance, rentrés à la maison, coucouche panier papatte en rond, rentrés à l'école, pas de bol ! Rentrés au bureau....beaucoup trop tôt. Rentrés à cette réalité tant redoutée, pour ceux que les vacances ont pris le soin d'anesthésier. Parce qu'en France, les vacances, qu'on se le dise, c'est un peu comme le Spritz : tout le monde en prend, c'est beau, relativement bon et ça détend, sa couleur de sirop tropical fluorescent nous donne l'illusion d'être ailleurs "vraiment" mais pas différent pour autant, être dans le rang rassure énormément, avec la sensation d'être en suspens, qu'on est si bien, que rien n'est grave, qu'on verra demain, ou peut-être même après-demain tiens. Mais il n'en est rien ! La rentrée débarque, toujours trop vite, et tac ! Le rouleau compresseur attaque. Personnellement, à part dans mon appartement, je ne "rentre" nulle part. Je n'ai pas de "boîte" dans laquelle aller me (ré)engouffrer, me réfugier, m'éclater ou me faire presser. La liberté, sur le papier. Libre et tétanisée. Pieds et poings liés. Bloquée. Avec un léger sentiment de déjà vu, déjà vécu. J'ai du temps et personne pour me dire ce qu'il faut que je fasse, aucun compte à rendre, aucune contrainte. Impossible de revendiquer le syndrome du "j'ai pas le choix". Mais l'être humain à cela de particulier qu'il ne sait plus quoi faire de sa liberté lorsqu'il est trop longtemps resté en captivité, l'âme et le cœur enchaînés. De ces chaînes virtuelles que l'on prend soin de bâtir pour sa survie psychique et la dissimulation de sa part sauvage*, des chaînes qui s'épaississent et se renforcent, année après année, par l'œuvre d'un Soi en mal d'estime et à l'ego dysfonctionnel, et des atteintes sans concession d'un censeur intérieur entraîné tel un coureur de fond pour les jeux Olympiques. Alors comment se définir de l'intérieur lorsqu'on s'est toujours laissé modeler par l'extérieur et que l'on est devenu expert en l'art de la caméléonisation...? INTENTION est le mot qui m'est venu…”

En le relisant, bien sûr, il y a des choses que je dirais autrement. Mais je dois reconnaître cependant que le sentiment sous-jacent reste, à quelques nuances près, inchangé. Remettre le pied à l’étrier, encore, celui de l’écriture, toujours, malgré la peur qu’on a dans le ventre et qui a pris le temps de refaire son nid dans le giron de l’absence prolongée. Cette peur, entre autres, de ne pas avoir suffisamment avancé, de ne pas être suffisamment ancré·e, pour ne pas douter de la direction dans laquelle se relancer, et se remettre à procrastiner. Les engagements que l’on s’était fixés et que l’on n’a pas honorés, les promesses envolées, les idées qu’on a laissé filer... Tout en sentant qu’une énergie nouvelle se profile à l’horizon, de ces énergies qui embarquent pour le Nouveau Monde. Oui, le vent tourne et se lève, et avec lui, soulève les âmes en chemin. Certains ont beau prétendre le contraire ou tenter de la faire taire, Il y a de la magie dans l’air ! La Terre gronde et les êtres s’élèvent de concert pour faire entendre leur voix. Ensemble, ils frappent aux portes de la conscience pour se rappeler à son bon souvenir et dire : ”Hey, nous avons des choses de la plus haute importance à accomplir ici, tu as suffisamment dormi ! Tu t’es suffisamment bercé de croyances illusoires pour anesthésier ta mémoire et survivre à ton Histoire. Il est temps de passer le relais si tu ne veux pas rester en plan dans ton marais stagnant.” ÉTAT DE CONFIANCE et politique des petits pas Prendre une ou plusieurs grandes respirations et reformuler, déclarer, déclamer son Intention avec l’élan d’un manifeste. Revenir à l’état de confiance intérieure comme seule urgence sanitaire, et demander à l’Univers quel premier pas on pourrait faire, là, maintenant, pour se remettre en mouvement, retrouver son alignement. Je lis en ce moment un essai sur le processus créatif, c’est très intéressant. Probablement un des ouvrages les plus pragmatiques, efficaces et anti-bullshit que j’ai lus sur le sujet (et j’en ai lu !). Tellement intéressant que j’éprouve l’envie d’en partager des fragments, je ne sais encore bien comment mais j’aimerais trouver un moyen spontané et vivant de le faire. En attendant, je peux vous en révéler ce que j’en ai appris pour l’instant :

que les idées sont des organismes vivants qui ne nous appartiennent pas mais se promènent dans l’Univers en attente d’incarnation, qu’il leur arrive de se donner au plus offrant, parfois arbitrairement, que le génie n’a pas d’horaires de bureau, que nous sommes déjà ce que nous nous languissons d’être, que personne ne nous demande de sauver le monde avec notre créativité mais plutôt de l’enrichir de notre vulnérable authenticité, que tout processus créatif est soumis à des cycles psychologiques naturels, identifiables par l’observation de la répétition, intrinsèques à toute quête de sens et qui ne sauraient s’affranchir des lois sinusoïdales de l’existence, que l’inspiration répond à l’attention qu’on lui porte et à l’estime que l’on s’accorde, et à la beauté de l’accueil qu’on lui réserve, que l’on se doit de ”faire semblant” jusqu’à réussir ”pour de vrai”, c’est à dire de prétendre, ici, maintenant et tout le temps, à chaque instant, être déjà ce que l’on aspire à devenir…

Il semblerait que Marc-Aurèle, dans ses ”Pensées pour moi-même”, ait fait le constat que lorsqu’il n’était pas en train de créer activement quelque chose, même une toute petite chose, c’était probablement qu’il était en train de détruire autre chose, lui-même, une relation ou sa propre tranquillité d’esprit. Et Elizabeth Gilbert de brandir ces mots militants : qu’il nous faut

”Continuer inlassablement et avec opiniâtreté, dans l’obscurité de la forêt, d’appeler notre Grande et Singulière Magie”

Parce qu’il n’y a tout simplement pas d’autre sens ni d’essence à la vie que cette croisade-ci, celle de la manifestation pleine et entière de notre Être, qui ne cherche qu’à s’exprimer et se déployer afin de pouvoir contribuer positivement au monde et à notre tribu humaine.

Et je vous repartage cette vidéo de Vincent Houba qui s'est rappelée à mon bon souvenir hier, comme un message de l'Univers, et qui me remplit toujours autant de joie et d’une sensation de résonance et de justesse profondes. Alors et vous, dans quel état d’âme et d'esprit êtes-vous ? Je vous souhaite une semaine d'atterrissage tranquille et vous dis à vendredi. Diane

Auteure de Sens

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